La conférence a eu lieu le 26 novembre 2019, les deux orateurs Nicolas Debue et Florian Linclau ont pu développer leurs points de vue à l’Université Libre de Bruxelles.
L’idée ici n’est pas de vous faire un compte-rendu détaillé mais plutôt de mettre en valeur quelques « take away » entendus lors de cet évènement. Ces derniers pourront vous être utiles si comme moi vous êtes novices en matière d’expérience utilisateur.
Quelques chiffres :
- 70% des projets informatique échouent à cause de la User Experience (UX)
- 43% des actions que l’on réalise sont faites tous les jours et dans le même contexte
Psychologie :
- L’humain est une machine à comparaison : cela nous facilite au quotidien la prise de décision
- Un feedback demandé est fatalement un feedback biaisé
- Daniel Kahneman (Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, 2012) :
Le système 1 fonctionne automatiquement et rapidement, avec peu ou pas d’effort et aucune sensation de contrôle délibéré
Les système 2 accorde de l’attention aux activités mentales contraignantes qui le nécessitent, y compris les calculs complexes. Le fonctionnement du système 2 est souvent associé à l’expérience subjective de l’action, et de la concentration
Exemples marquants :
- Barnum effect : il s’agit d’un biais cognitif nous faisant considérer des récits généraux, notamment sur la personnalité, comme s’appliquant à soi.
Lors d’un A/B testing, une marque de cosmétique a affiché une banner pour ces clients identifiés comme VIP afin de leur annoncer qu’ils avaient -20% sur leur commande en ligne. L’autre échantillon avait cette même réduction, mais sans banner.
Les ventes ont été bien plus importantes sur la version avec la banner, car les clients se sont sentis identifiés, reconnus et valorisés par la marque.
- Statu quo effect : il s’agit d’un biais cognitif qui nous rend réticent au changement pour limiter les risques. L’immobilisme préserve ainsi notre peur de perdre, qui l’emporte sur prendre le risque de gagner
Amazon a tenté de changer son interface hors d’âge. Chaque test avec une nouvelle interface a inévitablement fait perdre du chiffre d’affaires lors des tests.
Focus encéphalogramme au service de l’expérience utilisateur :
Aujourd’hui, afin d’améliorer l’expérience utilisateur, il existe plusieurs technologies qui permettent de mesurer les émotions :
- eye tracking
- dilatation de la pupille
- reconnaissance des expressions faciales
Toutefois, exploitées seules, elles nous offrent une interprétation partielle. L’exemple donné quant à l’eye tracking est parlant:

On voit sur l’image ci-dessus que le sujet qui a testé cette interface s’est beaucoup attardé sur les étapes de la recette, matérialisée en jaune et rouge.
Au prime abord, on pourrait interpréter cette visualisation appesantie comme un intérêt positif de la part du sujet.
Cependant, si l’on croise cette information avec l’interprétation d’un encéphalogramme, on s’aperçoit que la densité de la fixation oculaire cache une émotion négative.
Plus précis encore, le traitement de l’encéphalogramme est capable de faire le distinguo entre les 6 émotions : peur, joie, tristesse, dégoût, colère et surprise. Il est également capable de déterminer le degré d’engagement et la charge cognitive du sujet.
De toute évidence, l’utilisation d’une telle technique doit être mise en regard avec le ROI visé et l’investissement en jeu. Loin de l’idée que l’on s’en fait, le matériel est aujourd’hui pour obtenir un encéphalogramme est rapide à mettre en place.
S’il y avait 3 choses à retenir :
- Intégrer les biais cognitifs dès les phases amont de nos processus de design peut permettre de nettement améliorer l’expérience finale de l’utilisateur
- Le feedback déclaratif étant de fait biaisé, il peut être intéressant de croiser cette information avec des mesures de l’inconscient (allant de l’eye tracking à l’encéphalogramme, dépendant des enjeux)
- Une approche scientifique des feedbacks utilisateur permet d‘étudier ce dernier de manière objective en minimisant nos préjugés quant à son comportement, aux éventuels défauts de l’interface etc.
Mettez-vous en place régulièrement une démarche UX lors de vos processus de création ? Plutôt en amont, en aval ?
Avez-vous des lecture à conseiller sur le sujet ?
N’hésitez pas à le faire en commentaire !


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